Écrire, c’est garder une trace. Une trace des instants vécus, des émotions ressenties, des rencontres qui nous ont marqué. Dans une nouvelle, il peut s’agir d’un moment de vie que l’on ne veut pas laisser s’effacer : un geste, une atmosphère, une parole qui, transposée dans un récit, devient un souvenir partagé. Écrire pour se souvenir, c’est transformer le quotidien en mémoire durable, c’est donner aux détails une seconde vie à travers les mots.

Mais l’écriture ne se limite pas aux souvenirs personnels. Elle est aussi un moyen de se rappeler des personnages historiques, des périodes, des événements qui ont façonné notre monde. En travaillant sur un sujet historique, je cherche à faire revivre des faits, des anecdotes, des figures qui pourraient autrement rester dans l’ombre. Écrire, dans ce cas, c’est une manière de transmettre la mémoire collective, de rendre accessible ce qui appartient au passé, et de montrer que chaque époque a quelque chose à nous apprendre.

Il y a également une dimension plus intime : se souvenir de pourquoi l’on a écrit tel livre à un moment donné. Chaque projet naît d’un contexte, d’une envie, d’une question. Relire ses propres ouvrages, c’est retrouver l’état d’esprit dans lequel on était, les raisons qui ont poussé à choisir tel sujet, tel format, telle approche. Écrire pour se souvenir, c’est aussi écrire pour soi, pour garder en mémoire le chemin parcouru, les étapes franchies, les hésitations et les choix.

Ce qui me passionne, c’est la manière dont l’écriture relie ces différentes formes de mémoire. Elle peut être personnelle, historique, ou créative, mais elle garde toujours une fonction essentielle : préserver. Préserver une émotion, une époque, une intention. Et ce qui est écrit ne disparaît pas : il reste disponible, prêt à être relu, redécouvert, réinterprété.

Écrire pour se souvenir, c’est donc une démarche à la fois intime et universelle. Intime, parce qu’elle permet de garder vivants nos propres instants. Universelle, parce qu’elle transmet aux autres des fragments de mémoire qui peuvent les toucher, les instruire, ou les inspirer. Qu’il s’agisse d’une nouvelle, d’un ouvrage didactique, d’un récit historique ou d’une réflexion personnelle, l’écriture devient un coffre où l’on dépose ce que l’on ne veut pas perdre.

Et peut-être est-ce là l’une des plus belles fonctions de l’écriture : nous rappeler que les mots ne sont pas seulement des outils pour raconter, mais aussi des gardiens de mémoire. Ils nous permettent de nous souvenir de ce que nous avons vécu, de ce que d’autres ont traversé, et de ce que nous avons voulu transmettre à un moment précis de notre parcours.