Quand on commence à écrire, on se heurte souvent aux mêmes obstacles. Je ne suis pas un auteur de best-seller, et je ne prétends pas détenir des recettes miracles. Mais j’ai fait mes propres erreurs, et c’est en les reconnaissant que j’ai appris à progresser. Partager ces expériences, c’est une manière d’aider ceux qui se lancent à éviter certains pièges, ou du moins à les voir venir.
La première erreur, c’est de vouloir tout dire d’un coup. On commence une nouvelle ou un chapitre, et l’on veut y mettre toutes ses idées, toutes ses émotions, toute son histoire. Le texte devient lourd, confus, difficile à suivre. J’ai souvent eu cette tentation : remplir chaque page comme si c’était la dernière. Avec le temps, j’ai compris que l’écriture gagne en force quand elle laisse de l’espace, quand elle suggère plutôt qu’elle n’impose.
Une autre erreur fréquente, c’est de négliger la relecture. On croit que le premier jet est suffisant, que l’élan initial suffit à porter le texte. Mais relire, c’est découvrir des maladresses, des répétitions, des incohérences. C’est aussi l’occasion de resserrer le style, de donner plus de clarté et de rythme. J’ai longtemps résisté à cette étape, par impatience. Aujourd’hui, je sais qu’elle est indispensable : c’est en relisant que l’on devient vraiment écrivain.
Beaucoup de débutants, moi y compris, tombent aussi dans le piège de l’imitation. On lit un auteur que l’on admire, et l’on veut écrire comme lui. On copie son ton, ses images, sa manière de construire les phrases. Mais l’écriture n’est pas un masque : elle doit refléter une voix personnelle. J’ai mis du temps à trouver la mienne, à accepter que mes textes ne ressembleraient pas à ceux des écrivains que j’aimais. Et c’est en assumant cette différence que j’ai commencé à écrire avec plus de sincérité.
Il y a aussi l’erreur de croire que l’inspiration suffit. Attendre le moment parfait, la phrase qui vient toute seule, le sujet qui s’impose. Mais l’écriture est aussi une discipline. Elle demande du travail, de la régularité, de la persévérance. J’ai souvent repoussé mes projets en me disant que je n’étais pas “inspiré”. Et j’ai découvert que l’inspiration vient en écrivant, pas en attendant.
Enfin, une erreur courante est de vouloir plaire à tout le monde. On écrit en pensant aux lecteurs, aux critiques, aux amis, à la famille. On cherche à anticiper ce qu’ils vont aimer ou rejeter. Mais un texte qui veut satisfaire tout le monde finit par ne satisfaire personne. J’ai appris qu’il vaut mieux écrire d’abord pour soi, avec honnêteté, et ensuite partager. Le lecteur ressent cette authenticité, et c’est elle qui donne au texte sa force.
Ces erreurs, je les ai commises, et je continue parfois à les commettre. Mais elles font partie du chemin. Écrire, c’est apprendre en avançant, en se trompant, en recommençant. Ce n’est pas une course vers le succès, mais une pratique qui s’affine avec le temps. Et si je ne suis pas un auteur de best-seller, je suis un auteur qui écrit, qui progresse, et qui partage. Et peut-être que c’est là l’essentiel : écrire pour apprendre, écrire pour transmettre, écrire pour vivre un peu mieux avec les mots.