J’ai toujours pensé que l’écriture ne naît pas seulement de soi, mais aussi de ce que l’on lit. Avant même de publier mes propres textes, j’ai passé des années à lire, à m’imprégner de styles différents, à découvrir des voix singulières. Romans, essais, nouvelles, journaux intimes, articles… chaque lecture était une rencontre, une manière d’élargir mon horizon et de nourrir ma propre plume. Lire, c’est comme respirer pour un écrivain : cela donne de la matière, des rythmes, des images, des idées.

Peu à peu, j’ai compris que la lecture n’était pas une distraction, mais une véritable école. Chaque auteur que je parcourais m’apprenait quelque chose : la précision d’une phrase, la force d’un dialogue, la subtilité d’une description. Certains livres m’ont montré comment construire une intrigue, d’autres comment suggérer plus qu’ils ne disent. Et parfois, une simple tournure, un mot inattendu, devenait une source d’inspiration pour mes propres textes.

Lire pour mieux écrire, c’est aussi accepter de se confronter à des styles qui ne nous ressemblent pas. On apprend autant en admirant qu’en critiquant. En lisant des auteurs très différents, j’ai découvert ce que je voulais éviter, ce que je voulais approfondir, et ce que je pouvais transformer à ma manière. La lecture devient alors un miroir : elle reflète nos envies, nos limites, nos ambitions.

Quand je me lance dans un projet d’écriture, je relis souvent certains passages qui m’ont marqué. Non pas pour les imiter, mais pour retrouver une énergie, une atmosphère, une cadence. Lire, c’est se mettre en mouvement, c’est réveiller l’envie d’écrire. Et chaque fois que je plonge dans un livre, je ressors avec une idée nouvelle, une nuance à explorer, une manière différente de poser les mots.

Ce lien entre lecture et écriture est aussi une question de profondeur. Lire permet d’élargir son vocabulaire, de découvrir des références, d’ouvrir des portes vers des univers inconnus. Cela donne des outils pour construire des textes plus riches, plus nuancés, plus vivants. Et c’est ce qui fait la différence entre écrire pour soi et écrire pour être lu : la lecture nous apprend à penser au lecteur, à anticiper ses attentes, à dialoguer avec lui.

Au-delà de l’apprentissage, lire est une source de plaisir. Et ce plaisir se transmet dans l’écriture. Quand on aime lire, on écrit avec plus de générosité, plus de curiosité, plus de liberté. On ne cherche pas seulement à produire un texte, mais à offrir une expérience, comme celles que l’on a soi-même vécues en tant que lecteur.

Lire pour mieux écrire, c’est donc une démarche continue. Ce n’est pas une étape que l’on franchit une fois pour toutes, mais un chemin qui accompagne chaque projet. Chaque livre lu devient une pierre ajoutée à l’édifice, chaque page tournée une inspiration possible. Et c’est ce qui rend l’écriture vivante : elle se nourrit de ce que l’on lit, de ce que l’on découvre, de ce que l’on partage.