Je travaille seul. Et pas seulement pour l’écriture — seul dans toutes les étapes, de la première idée jusqu’à la publication finale. Ce choix n’est pas un repli, ni une posture. C’est une manière de préserver une cohérence, une intégrité, une liberté que je ne pourrais pas maintenir autrement.

Quand je commence un projet, je ne délègue rien. Je fais les recherches moi-même, je rédige chaque mot, je relis, je restructure, je coupe, je affine. Je conçois la mise en page, je choisis les typographies, je crée les visuels, je réalise la couverture. Je prépare les fichiers pour les plateformes, je les mets en ligne, je vérifie les formats, je corrige les éventuels bugs. Mon site, je l’ai entièrement pensé, codé, ajusté, pour qu’il reflète exactement ce que je veux transmettre — sans compromis, sans filtre, sans dépendance.

Ce fonctionnement demande du temps, de la rigueur, et parfois une forme de solitude active. Mais il me permet de garder le fil. Le fil entre le fond et la forme, entre ce que je veux dire et la manière dont je le dis. Il n’y a pas de relais, pas de dilution. Ce que vous lisez, ce que vous voyez, ce que vous téléchargez ou commandez, c’est le fruit d’un travail direct, sans intermédiaire.

Je sais que certains auteurs travaillent en équipe, avec des graphistes, des correcteurs, des éditeurs, des développeurs. Et je respecte profondément ces choix. Mais dans mon cas, chaque étape fait partie du processus créatif. La mise en page n’est pas une tâche technique : c’est une manière de structurer la pensée. La couverture n’est pas un habillage : c’est une porte d’entrée, un ton, une promesse. Le site n’est pas un support : c’est un prolongement de l’univers que je construis.

Cela ne veut pas dire que je suis seul dans l’intention. Les lecteurs, les retours, les échanges nourrissent ma réflexion. Les questions que l’on me pose, comme celle-ci, m’aident à clarifier mes choix, à les formuler, à les interroger. Mais dans l’exécution, je reste seul maître à bord. C’est une manière de rester fidèle à ce que je veux transmettre, sans compromis ni formatage.

Travailler seul, pour moi, ce n’est pas tout faire : c’est tout penser. C’est assumer chaque détail, chaque silence, chaque nuance. C’est une forme d’artisanat, mais aussi une forme de responsabilité. Et peut-être, une forme de liberté.